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*

*L’eau hermétique

« L'eau fut la substance élémentaire de toute chose ». C’est par cette phrase un peu énigmatique que Thalès de Milet (625-566 av.J.C.) aimait à résumer sa philosophie. Mais au fait, comment un telle idée a-t-elle pu germer dans un esprit aussi brillant auteur par ailleurs d’un théorème qui terrifie encore nos chères têtes blondes ? Un indice se trouve chez Rudolf Steiner qui nous informe que notre civilisation occidentale actuelle correspond à la cinquième civilisation post-atlantéenne ayant succédé vers la fin du Moyen-Âge à la quatrième civilisation qui était celle de la Rome et de la Grèce antique, patrie de notre cher Thalès de Milet. Bien sûr, rien ne vous oblige de croire à de telles balivernes, mais au moins pouvez-vous admettre cela comme une simple hypothèse de travail qui nous permettra de progresser. Or donc, toujours selon R. Steiner, la troisième civilisation fut incarnée par l’Égypte. La solution se trouve alors peut-être en Égypte puisque l’on y trouve gravé dans la pierre pour l’éternité « Je (RÊ) suis le grand Dieu qui s’est créé lui-même. Mais qui est-il donc ? Le grand Dieu qui s’est créé lui-même est l’eau, c’est l’abysse, le père de tous les Dieux » (Livre des morts). Pas vraiment convaincu ? Alors continuons notre voyage dans le temps en allant en Perse et en Mésopotamie, berceau de la deuxième civilisation post-atlantéenne, pour y apprendre que « Mummu-Tiamat a donné naissance à toute chose. Son nom  signifie eau de mer, mer de chaos…» (Enuma Elish). Toujours guidés par R. Steiner achevons notre voyage par l’Inde ayant abrité la toute première colonie Atlante. Dans le Bhavishyottarapurana (31.14) on peut lire « Eau, tu es la source de toute chose et de toute existence… ». Oui, mais comme l’exprime l’écrivain Américain Ignatius Donnelly dans son livre « Atlantide, monde antédiluvien », les Atlantes ont aussi émigré vers l’Est donnant naissance à toutes les civilisations méso-américaines. C’est peut-être pour cela que la tradition Nahua proclame  « La substance primitive fut l’eau… » et que dans le Popol-Vuh des Mayas on peut lire « Au début il n’y avait que l’eau et le serpent à plumes… ».Mais peut-être que l’Asie nous réserve quelque chose de vraiment neuf. Pas vraiment, puisque la mythologie chinoise professe que « Avant que le ciel et la terre ne se séparent l’un de l’autre, il n’existait qu’une grande boule d’humidité, appelée chaos… ». Le même verdict sans appel vous attend aussi au Japon où « L’œuf flottait dans l’eau et le monde primitif était dans l’œuf… ». Les steppes immenses de l’Asie centrale sont de même à l’unisson puisque « Au début il n’y avait que de l’eau à partir de laquelle deux grandes montagnes ont émergé… ». Quant aux Eskimos, ils vous crient depuis leur froide banquise isolée aux confins du monde  « Le monde a été créé à partir d’un abysse rempli d’eau… ». Bon, calmons nous, il doit quand bien même exister quelque part sur cette planète une peuplade primitive présentant une cosmologie ne reposant pas sur l’eau. L’Afrique bien sûr !!! Hélas si l’on en croit la mythologie Bushungo « Au début il n’y avait rien à part l’obscurité…Rien hormis l’eau et dans ce chaos, BUMBA, régnait seul… ». Pour sa part la mythologie Yoruba nous informe que « Au début le monde était un marais rempli d’eau… ». Même rengaine à l’extrémité Sud de ce continent « Rien n’existait mis à part le néant. Ce néant flottait éternellement sur les Eaux invisibles du temps… ». Nous terminerons ce petit tour du monde par le continent Australien via la mythologie Dalabon : « La terre était à l’origine une étendue d’eau colorée comme l’arc-en-ciel et toute vie était contenue dedans ce serpent arc-en-ciel féminin… ».
Voilà si l’on ajoute que même pour un scientifique moyen de notre époque, profondément épris de matérialisme, l’eau est absolument nécessaire à l’éclosion de la vie, vous avez un panorama complet de l’importance de l’eau pour l’être humain (figure 1). Au fait quel est votre avis ? L’eau est-elle un corps comme les autres composé d’un assemblage de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène où ce que nous enseigne la tradition, c’est-à-dire un néant créateur du monde appelé chaos et assimilable à la figure du serpent? Nos ancêtres étaient-ils ces êtres un peu primitifs incapables de faire la part des choses entre faits objectifs et phantasmes plus ou moins débridés de l’esprit humain ? Posez la question autour de vous… Certains vous diront que ressasser de telles inepties à l’époque de la bombe H et du DVD s’apparente à de l’escroquerie intellectuelle pure et simple. D’autres vous diront qu’il est crucial pour notre civilisation hautement matérialiste de comprendre la signification réelle de l’héritage hermétique légué par des peuples antiques aujourd’hui complètement disparus. Essayez aussi de répondre honnêtement à cette autre question : « Êtes-vous heureux de vivre sur cette planète? ». Attention, ne répondez pas trop vite et réfléchissez bien. Si vous êtes effectivement heureux, alors cela veut dire que votre seule raison de vivre est d’amasser beaucoup d’argent sur le dos des plus pauvres, que la pornographie est le summum de la création artistique, que la faim et la maladie dans le monde sont d’excellentes choses et que polluer de toutes les manières possibles et imaginables la terre, l’air et l’eau est un mode de vie idéal… Mais si vous lisez ce texte, c’est que notre vie terrestre actuelle vous procure sûrement un certain malaise. Alors où est l’erreur ? Nos ancêtres étaient-ils plus ou moins heureux que nous de vivre ici-bas ? À quel moment avons-nous failli ? Mon sentiment à ce sujet (car il ne peut s’agir que d’un sentiment et non d’une certitude) est que muni d’une grande sagesse nos ancêtres pouvaient supporter des conditions matérielles très dures. Réciproquement, c’est bien parce que nos contemporains ont la sensation d’avoir perdu cette sagesse ancestrale qu’ils recherchent avidement le confort matériel et fuient toute forme de douleur physique ou morale. Comprendre le fonctionnement intime de l’univers qui nous entoure nous aide en effet à mieux supporter les atrocités qui peuvent parfois se dérouler sous nos yeux. Le mot « intime » est ici très important car trop souvent on s’arrête à la surface des choses. C’est justement ce que nous dit la tradition. Elle nous indique que sur un plan intime et profond toute chose peut se ramener à la pureté, la transparence, la fluidité et la fraîcheur de l’eau. Dire comme la science que l’eau se formule H2O, c’est se limiter à l’aspect externe, ne pas vouloir aller au fond des choses. D’ailleurs, tout scientifique honnête vous confirmera que derrière cette formule simple se cache une complexité telle que même nos ordinateurs les plus rapides ou nos techniques les plus sophistiquées ne permettent pas à l’heure actuelle de comprendre réellement ce qu’est l’eau liquide. La célèbre phrase du poète allemand F. H. Novalis « Les poètes seuls devraient s’occuper des liquides » prend ici tout son sens. L’eau reste bel et bien hermétique à la science et seule une double approche matérielle et spirituelle devrait permettre dans les années à venir de percer les mystères qui entourent encore certaines de ses propriétés.
         Se plonger dans la sagesse ancestrale est donc un bon début pour tous ceux qui voient dans l’eau autre chose qu’un simple objet matériel tout juste bon à évacuer les déjections humaines de toutes sortes. Tout le problème est là. L’eau nous reste hermétique et pour nous venger de son refus à nous dévoiler sa nature profonde et intime nous la violons sans vergogne et nous jouissons de la voir ainsi rabaissée à notre (très bas) niveau spirituel. En la réduisant à son aspect purement matériel et en niant son rôle d’archétype de la nature intime des choses nous favorisons l’éclosion de tous les fanatismes ainsi que la propagation de la pornographie, du vice et de la maladie. Le message de nos Anciens est pourtant très clair : « L’eau n’est rien, mais c’est un rien qui peut tout construire  ou au contraire tout détruire». Oui, changeons simplement notre regard sur l’eau (cela ne coûte rien) et le monde changera (il pourra être irrémédiablement détruit ou au contraire complètement transfiguré). Entre le déluge purificateur qui remet les pendules à l’heure et le jardin d’Eden à la croisée de ses quatre fleuves qui procurent nourriture et abondance, il y a la simple différence entre un regard méprisant et un regard aimant sur la nature intime de l’eau, c’est-à-dire trois fois rien (et donc déjà quelque chose selon l’humoriste Raymond Devos). Pour ceux qui reconnaissent déjà cette équivalence fondamentale entre l’eau et le néant, il n’y a plus grand-chose à dire. L’ouverture de tout robinet provoque en eux la sensation de la lame froide pénétrant la chair et faisant jaillir le sang, la vue d’une grande étendue d’eau ouvre un abîme qui leur fait saisir la dualité profonde de l’univers (vie/mort, action/inaction, yin/yang, masculin/féminin, lune/soleil, etc…) et l’image du serpent se profile derrière chaque fleuve, chaque rivière ou chaque goutte de pluie. Mais peut être que l’eau s’écoulant du robinet ne vous donne qu’envie de faire pipi, que la vue de la mer ou de l’océan vous fasse songer qu’il est bientôt l’heure de manger, que la vue d’une rivière vous oblige à chercher où se trouve le pont permettant de la traverser et que la pluie qui tombe va gâcher votre week-end. Oui vous pouvez aussi être comme cela et c’est peut-être même ce qui vous rapproche d’un requin de la finance ou d’un kamikaze prêt à faire sauter sa bombe au milieu d’une foule innocente.
Pour conclure retenons que la tradition associe intimement l’eau au serpent sous la forme de deux symboles. Le premier symbole est l’« Ouroboros » correspondant à un serpent qui se mord la queue (figure 2). Il s’agit là à n’en pas douter de  l’océan primitif, stérile, vide et obscur car la dualité tête/queue est complètement neutralisée et n’arrive pas à s’exprimer. De manière fascinante, on retrouve cette forme cyclique dans la structure de l’eau vapeur sous la forme d’oligomères cycliques {H2O}n où les molécules d’eau sont liées entre elles par des ponts hydrogène (figure 3). C’est aussi cette structure qui prédomine dans la glace sous la forme de cycle hexagonaux {H2O}6 mais associés dans cette forme solide de manière répétitive et monotone dans toutes les directions de l’espace. Lorsque le serpent arrête de se mordre la queue, c’est-à-dire lorsque l’œuf primitif a été brisé, nous obtenons le symbole de l’eau féconde qui s’écoule et d’où la vie peut maintenant émerger (rivière, sang, sperme…). Dans ce nouvel état polaire, le serpent se présente maintenant sous une forme ternaire (tête, queue et corps reliant les deux extrémités) et il ne lui reste alors plus qu’à être crucifié pour donner naissance au temps et donc à notre monde matériel. Ici encore la science est à l’unisson de la tradition puisque la molécule d’eau possède bien cette structure ternaire H2O qui s’exprimant sous la forme d’une croix à l’état liquide ou solide (structure locale tétraèdrique de l’eau). Si vous avez suivi jusqu’ici, jetons un petit coup d’œil sur la 7e clef du moine Alsacien Basile Valentin (figure 4). Nous y voyons un cercle où se trouve inscrit le mot CHAOS représentant l’eau stérile de type Ouroboros, l’abysse primitif d’où tout est issu et où tout retournera. On voit aussi une épée représentant le serpent ouvert (l’eau féconde) qui autorise la séparation entre eaux célestes (eau divine symbolisée par le triangle) et eaux terrestres (eau fécondée ou crucifiée symbolisée par le carré). On nous rappelle aussi que c’est bien l’être humain qui en maniant l’épée peut faire basculer le monde depuis son état viable (symbolisé par l’énumération des quatre saisons) à son état originel de chaos lugubre. Si d’aventure l’être humain n’agit pas de manière conforme au sceau de la sagesse, c’est-à-dire avec mesure et discernement (la balance) l'eau pourra anéantir toutes ses réalisations. Oui, il y a dans cet emblème vraiment beaucoup de sagesse et bien plus encore si vous laissez ce message non-verbal vous pénétrer intimement. Par exemple, maintenant que vous possédez la 7e clef de la sagesse (soignez votre eau !!!), vous pouvez peut-être comprendre l’extrême matérialisme de notre civilisation. Non ? Alors, faites le petit test suivant. Essayez de vous représenter l’unité. Si l’image d’un bâton apparaît (l’épée de notre 7e clef), c’est que pour vous tout nombre est une simple somme d’unités. Deux vaut plus qu’un ou trois vaut plus que deux et tout objet est par principe réductible à ses composants élémentaires. Poursuivez dans cette logique et vous aurez un monde basé sur l’aspect quantitatif des choses et donc qui privilégiera l’accumulation des richesses, l’égoïsme, l’avarice… Dans ce monde soumis à la hantise de voir toutes ces unités se répandre aux quatre vents vous serez soumis à l’impitoyable loi de l’entropie, qui comme votre logique l’impose ne doit jamais décroître. Mais cette façon de faire n’est elle pas le monde de croissance du cristal archétype de la matière inanimée et morte ? Si maintenant vous visualisez l’unité comme un cercle (regardez de nouveau cette 7e clef) et non comme un bâton, tout change. Deux devient un diamètre du cercle, trois un triangle et tout objet se manifeste maintenant par la division d’une unité fondamentale (le cercle). Poursuivez dans cette logique et vous aurez un monde où l’aspect qualitatif des choses devient plus important que l’aspect quantitatif qui ne devient qu’une qualité parmi tant d’autres. Quel est donc ce monde qui procède en divisant une unité fondamentale et non en rassemblant des unités éparpillées ? Oui, c’est le monde de la cellule vivante, celui où la notion de communauté possède un sens et où la générosité peut exister puisque trois est par principe égal à un !!! Si vous commencez à avoir le vertige devant la puissance contenue dans cette modeste 7e clef, c’est que le message est passé. Vous comprenez maintenant  ce qu’est réellement le péché originel puisque ce n’est que sur une droite (serpent déplié) que la dualité droite/gauche prend un sens et que l’on arrive à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal. Sur un cercle qui n’a ni commencement ni fin, ces notions deviennent très relatives et il faut passer dans une autre dimension pour voir dans quels sens tourne l’ouroboros. En bref le message véhiculé par l’eau pourrait tout simplement être : pourquoi chercher dans l’océan ce qui peut être trouvé dans une simple goutte d’eau ? Il est donc temps pour vous de revenir sur la figure 2 et de voir si, après cette lecture, les choses deviennent plus claires…

Prof. Marc HENRY

5 Rue de Londres
67000 Strasbourg
courriel : marc.henry36@orange.fr


Figure 1 : Un voyage spatio-temporel à travers l’eau et la sagesse ancestrale. (A) Rome (Vénus née de l’écume). (B) Grèce (Poséidon, dieu de la mer). (C) Crète (Déesse serpent, fertilité, menstruation, lait). (D) Egypte (Nun, dieu des eaux primordiales). (E) Babylone (Tiamat, dragon des eaux primitives). (F) Perse (Anahita, déesse de l’eau et de la fertilité). (G) Inde (Vishnu celui qui habite l’océan infini). (H) Chine (Nu Kua, déesse dragon issue des eaux primitives). (I) Japon (Oho-watatsumi ou Sagara, dragon roi de la mer). (J) Afrique, brésil, caraïbes (Oshun, reine des rivières). (K) Nigéria, Cuba (Yemaya, reine des lacs et de la mer). (L) Afrique de l’ouest, Zaïre (Mami wata, celle qui vit dans l’eau). (M) Australie (Le serpent arc-en-ciel rêveur, Mythologie Dalabon). (N) Mayas (Ixchel, déesse de l’eau, de la lune et de l’arc-en-ciel). (O) Aztèques (Matlalcueye, déesse de l’eau, sœur de Tlaloc). (P) Aztèques (Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau et son mari Tlaloc, dieu de la pluie). (Q) Inuites (Sedna, déesse de la mer).

 

Figure 2 : Emblème hermétique associant eau et Ouroboros tirée du traité de magie transcendantale de Lévi Eliphas (Alphonse-Louis Constant).



Figure 3 : L’eau scientifique dans tous ses états. A-F : Structure de l’eau à l’état vapeur (formes monomères et polymères cycliques de type Ouroboros). G-H : Structure de l’eau à l’état liquide (hétérogénéités dynamique et statique de type serpent). I-J : Structure de l’eau à l’état solide (glace hexagonale et eau encapsulée {H2O}100 de type Ouroboros à nouveau).

Figure 4 : La sagesse de l’eau ou la septième clef du moine Alsacien Basile Valentin. Peinture à l’eau d’Adam McLean (http://levity.com/alchemy).





 

 







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